Quand le HC Davos a annoncé la signature de Frédéric Allard pour les deux prochaines saisons, le nom n’a peut-être pas provoqué le même bruit médiatique que certaines arrivées venues directement de la NHL. Pourtant, dans les bureaux du club grison, ce recrutement est considéré comme un véritable coup. Et pour cause: Davos ne récupère pas seulement un défenseur offensif de qualité, mais l’un des arrières les plus influents du hockey européen ces deux dernières saisons. À 28 ans, le Québécois débarque en Suisse avec un pedigree particulièrement solide. Champion de Suède avec Luleå, finaliste de la Ligue des champions et élu MVP des playoffs de SHL en 2025 après une campagne exceptionnelle de 21 points en 17 rencontres, Allard arrive avec une réputation de gagnant. Pour comprendre son profil, il faut revenir à ses années juniors. Formé dans la LHJMQ avec les Saguenéens de Chicoutimi, Allard était déjà identifié comme un défenseur offensif moderne. Choisi au troisième tour du repêchage NHL par les Predators de Nashville, il s’est rapidement distingué par sa qualité de relance et sa capacité à faire progresser le jeu plutôt que par son impact physique. Son parcours nord-américain a ensuite été celui de nombreux excellents défenseurs offensifs. Trop fort pour rester un simple joueur de profondeur en AHL, mais jamais totalement installé en NHL malgré quelques apparitions avec Nashville et Montréal. Plusieurs observateurs américains ont souvent décrit Allard comme un « puck mover » de très haut niveau, capable d’orchestrer une première relance élite, mais dont le profil offensif trouvait parfois plus facilement sa place dans le hockey européen que dans le rôle très spécialisé qu’impose aujourd’hui la NHL. Son départ pour l’Europe en 2023 a changé sa trajectoire. À Luleå, il a trouvé un environnement parfaitement adapté à ses qualités. Dans le championnat suédois, où la lecture du jeu et la gestion du palet sont primordiales, Allard s’est rapidement imposé comme l’un des meilleurs défenseurs offensifs de SHL. Son influence ne se mesure pas uniquement en points. Il est devenu le premier moteur de la transition offensive de son équipe. Techniquement, Allard excelle dans un domaine devenu essentiel dans le hockey moderne: la sortie de zone. Peu de défenseurs européens transportent le puck avec autant d’efficacité. Son premier contrôle est propre, sa prise d’information rapide et sa capacité à casser le premier rideau adverse figure parmi ses principales forces. Les entraîneurs apprécient particulièrement sa faculté à trouver immédiatement une solution de passe sous pression plutôt que de dégager le puck sans contrôle. Sa mobilité constitue également un atout majeur. Sans être un patineur spectaculaire, il possède une excellente qualité de déplacement latéral qui lui permet de créer des angles de passe et de maintenir les séquences offensives en zone adverse. En avantage numérique, il agit souvent comme un véritable quart-arrière, distribuant le jeu avec calme et précision. Intelligence positionnelle Mais réduire Allard à un simple défenseur offensif serait une erreur. Son évolution en Suède lui a permis de progresser considérablement dans sa gestion défensive. Les observateurs de SHL soulignent régulièrement son intelligence positionnelle et sa capacité à utiliser sa lecture du jeu pour compenser un style moins physique que certains défenseurs nord-américains. Il n’est pas le type de joueur qui distribue les charges spectaculaires. En revanche, il récupère énormément de palets grâce à son anticipation. C’est précisément ce qui a séduit Jan Alston. Le directeur sportif davosien a d’ailleurs insisté sur sa qualité dans les deux zones de jeu ainsi que sur ses capacités dans l’initiation des attaques, un aspect que le club recherchait spécifiquement pour renforcer son arrière-garde. À Davos, Allard devrait rapidement hériter d’un rôle majeur. Avec Dominik Egli, Calle Andersson et L ukas Frick, il formera probablement l’un des groupes défensifs les plus mobiles du championnat. Son profil complète parfaitement celui des défenseurs plus défensifs du contingent. Dans une équipe qui aime jouer vite et attaquer en transition, ses qualités semblent parfaitement adaptées au système de Josh Holden. La question n’est donc pas de savoir si Frédéric Allard peut réussir en National League. Tout indique qu’il possède le profil idéal pour y briller. La véritable interrogation concerne plutôt son plafond. Peut-il devenir l’un des trois ou quatre meilleurs défenseurs étrangers du championnat? Au vu de ce qu’il a montré en SHL, de son expérience nord-américaine et de son âge, la réponse pourrait bien être oui. Davos n’a pas seulement recruté un défenseur de qualité. Le HCD a peut-être mis la main sur l’un des arrières les plus complets arrivés en Suisse ces dernières années. Et si Allard reproduit dans les Grisons le niveau affiché à Luleå, il pourrait rapidement devenir l’un des nouveaux patrons de la National League.
NOUVELLE TÊTE - Frédéric Allard, le défenseur champion que Davos est allé chercher en Suède